Le mercredi 18 mars, des membres de l’Assemblée citoyenne, accompagnés de Christian BOUZON, président de la commission participation citoyenne, se sont rendus à Saint-Setiers pour découvrir un chantier de plantation mené par l’ONF. Cette visite s’inscrit dans le cadre de la fiche projet « La forêt : comprendre pour agir », dont l’objectif est de mieux appréhender les bonnes pratiques de gestion durable des forêts.

Sur place, M. Olivier PANTALACCI, technicien forestier territorial en charge d’un secteur de 2 300 hectares, a présenté les enjeux et les méthodes mises en œuvre sur la parcelle. À travers une visite de terrain complétée par la présentation des documents de gestion, il a su transmettre aux membres de l’Assemblée à la fois son expertise et sa passion, de manière claire, accessible et pédagogique.

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Diversifier les essences pour renforcer la résilience

Le constat est aujourd’hui préoccupant : sur 213 hectares, 180 hectares d’épicéas doivent être renouvelés en seulement dix ans. En cause, le réchauffement climatique qui fragilise les arbres et favorise les attaques de scolytes, des insectes qui s’attaquent aux arbres affaiblis. Ce renouvellement massif est soutenu par des dispositifs nationaux comme France 2030 et le plan de relance.

Pour adapter la forêt à ces évolutions, l’ONF met en place une stratégie de diversification inédite. Fini la monoculture : 13 essences différentes sont désormais plantées, parmi lesquelles le chêne, le sapin pectiné, le mélèze, l’érable, le cèdre de l’Atlas ou encore le Douglas. Certaines essences, comme le hêtre, sont intégrées en mélange pour les protéger d’une exposition directe au soleil.

Un chantier exigeant et des techniques de terrain adaptées

Sur le terrain, le travail reste exigeant et très concret. La plantation se fait à la main, à la pioche, en raison de la nature du sol. Chaque ouvrier plante en moyenne 800 à 850 plants par jour, selon un quadrillage précis permettant d’atteindre environ 1 600 plants par hectare. Les jeunes plants sont protégés du gibier grâce à une technique appelée “tricot”, à base de laine et de graisse de mouton, qui se dégrade naturellement. L’objectif est de finaliser les plantations avant le 1er mai afin d’assurer leur reprise avant l’été.

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Une gestion durable, entre expertise et gouvernance locale

Enfin, la gestion forestière intègre pleinement les enjeux environnementaux, techniques et locaux. Des cloisonnements permanents permettent de limiter l’impact des engins sur les sols, et l’ONF privilégie la régénération naturelle ou la plantation sous abri pour éviter les coupes rases. Cette gestion repose sur des analyses de sol approfondies pour anticiper les besoins en eau, mais aussi sur une gouvernance locale : les plans sont élaborés puis validés par les communes, en tenant compte des usages (randonnée, ski de fond) et du paysage.


Une journée instructive pour mieux comprendre la forêt

Cette visite a permis de mieux appréhender la complexité de la gestion forestière, à la croisée des enjeux climatiques, économiques et locaux. Elle rappelle combien il est essentiel de comprendre ces pratiques pour mieux accompagner les transitions en cours. Une journée riche d’enseignements, qui met en lumière le travail de terrain et l’engagement des acteurs mobilisés pour préparer la forêt de demain.